Les poids lourds industriels du Cotentin vont prochainement compter un nouveau voisin. La start-up Otrera annonce l’implantation - à l’horizon 2029 - de sa future usine de composants de réacteurs nucléaires compacts dans la commune des Pieux (Manche), non loin de la centrale de Flamanville et du site de retraitement des déchets nucléaires Orano. Le site (environ 45 millions d’euros d’investissement) comptera 200 salariés au démarrage, avec la perspective de grimper à 300-350, en plus de plusieurs centaines d’emplois induits.
« La Normandie est LA terre où l’on investit dans ces technologies », clame le président de région Hervé Morin. Car ces petits réacteurs modulaires (SMR) sont soutenus par l’État, qui compte sur cette technologie plutôt maîtrisée en France dans son plan nucléaire. Emmanuel Macron avait d’ailleurs annoncé, le mois dernier, une rallonge de 90 millions d’euros pour leur développement. « C’est un réacteur dix fois plus petit qu’un EPR, illustre Frédéric Varaine, cofondateur et dirigeant d’Otrera avec Jean-Éric Lucas. Il ne fonctionne pas sous pression, donc ses pièces sont moins épaisses. Il est plus facile à fabriquer et moins coûteux. »
Une main-d’œuvre déjà familière du secteur
L’entreprise vante aussi la capacité de ses SMR à réutiliser de la matière, notamment en puisant dans les assemblages de combustibles usagés de l’usine de retraitement Orano de la Hague. « L’enjeu est de tirer plus parti de la matière nucléaire déjà présente en France et en Europe, qui plus est dans le contexte énergétique et géopolitique mondial. On va vers du nucléaire durable », poursuit Frédéric Varaine, qui fait aussi état de la valorisation de la chaleur produite par ces réacteurs, bien plus qu’aujourd’hui.